La règle des deux heures du Nidam al-Tayyibat, le système alimentaire décrit par le Dr Diaa Al-Awadi, demande de laisser passer au moins deux heures entre la dernière bouchée d’un repas et la première de la prise suivante. Cet article explique ce que cette règle exige, comment l’appliquer sur une journée ordinaire et quelles erreurs reviennent le plus souvent, en s’appuyant sur la base d’aliments du site et sur la façon dont la méthode se présente elle-même.

Ce que dit la règle des deux heures

Gros plan sur une horloge murale, le décompte des deux heures commence à la dernière bouchée

Le principe tient en une phrase : une fois un repas terminé, le système demande de laisser passer au moins deux heures avant toute nouvelle prise alimentaire. Le décompte commence à la dernière bouchée, pas à la première. Selon la méthode Tayyibat, tout aliment avalé avant la fin de ces deux heures « remet le compteur à zéro » : il faut alors attendre à nouveau deux heures à partir de cette bouchée-là.

Trois points évitent les malentendus les plus courants :

  • La règle fixe un espacement minimum, pas un nombre de repas. Elle ne dit pas « trois repas par jour » ni « deux repas par jour ». Elle dit seulement : pas moins de deux heures entre la fin d’une prise et le début de la suivante.
  • La règle porte sur le quand, la palette des aliments porte sur le quoi. Les deux fonctionnent ensemble : espacer des repas composés d’aliments de la zone rouge n’est pas conforme au système.
  • La règle ne demande pas de compter les calories ni de peser les portions. Le système ne raisonne pas en quantités, à quelques exceptions près qu’on retrouve dans la base d’aliments (les dattes, par exemple, sont indiquées « 1 à 6 par jour selon le système »).

Qu’est-ce qui compte comme une prise alimentaire ?

Selon le système, tout ce qui apporte quelque chose à digérer relance le compteur. Les sources qui documentent la méthode s’accordent sur trois cas :

  • Ne compte pas : l’eau plate (vert), bue à volonté entre les repas, de préférence tiède et par petites gorgées d’après la méthode.
  • Admis entre les prises selon les sources : le thé vert nature (vert) et le café noir (vert), sans lait ni sucre.
  • Compte comme une prise : un fruit, une datte, une cuillère de miel, un thé sucré, un jus, et chaque bouchée goûtée en cuisinant.

L’explication avancée par la méthode

Le système justifie cette règle par sa propre lecture du fonctionnement du corps : d’après lui, l’estomac libère la nourriture par petites quantités vers l’intestin pendant environ deux heures, et toute nouvelle prise pendant ce délai relancerait une digestion « par-dessus » la précédente ; certaines sources ajoutent qu’au-delà, l’organisme entrerait dans une phase qu’elles décrivent comme une phase de « réparation ». Cette explication est celle de la méthode ; elle n’est pas validée par les institutions médicales, et ce site la rapporte à titre documentaire, sans la présenter comme un fait établi. Le texte intégral de la règle figure dans les premières pages du guide, offertes en extrait.

Comment appliquer la règle sur une journée normale

Bol de riz blanc cuit, féculent de base de la zone verte pour un repas qui tient

Dans la pratique, la règle des deux heures demande surtout de l’organisation. Voici la façon la plus simple de la mettre en place.

1. Décider de ses prises alimentaires à l’avance

Le plus confortable consiste à prévoir trois repas et, si besoin, une ou deux collations, en vérifiant que chaque prise commence au moins deux heures après la fin de la précédente. Avec un petit-déjeuner à 7 h 30, un déjeuner à 13 h et un dîner à 20 h, il reste largement la place d’une collation en milieu de matinée et d’un goûter l’après-midi.

2. Regrouper tout ce qui se mange dans un même repas

C’est le réflexe qui change tout. Le dessert, les dattes, le fruit, le thé sucré : tout ce qui accompagne un repas se prend pendant le repas, pas quarante-cinq minutes plus tard. Un fruit pris « en passant » une heure après le déjeuner compte comme une nouvelle prise et relance le décompte.

3. Noter l’heure de la dernière bouchée

Une simple alarme sur le téléphone réglée deux heures après la fin du repas suffit. Au bout de quelques jours, le rythme devient naturel et l’alarme n’est plus nécessaire.

4. Composer des repas qui tiennent

Le système compte sur ses aliments de base pour que les deux heures passent sans difficulté. La base d’aliments du site désigne cinq piliers quotidiens : le riz blanc, la pomme de terre, le beurre naturel, les dattes et le sucre blanc, ce dernier étant le point le plus contesté de l’ensemble. Un repas construit autour d’un féculent de la zone verte, d’une protéine autorisée les jours où elle est prévue et d’un légume cuit est le format que la méthode privilégie.

5. Gérer les boissons

L’eau plate se boit à volonté entre les prises ; la méthode la préfère tiède, par petites gorgées, et plutôt entre les repas que pendant. Le thé vert nature et le café noir sans lait ni sucre sont admis entre les prises selon les sources. Toute autre boisson (thé sucré, jus, café sucré) se prend avec le repas, faute de quoi elle relance le décompte.

Les erreurs les plus fréquentes

Plateau de thé à la menthe marocain : le thé se sert pendant le repas, pas une heure après

Les personnes qui découvrent la méthode butent presque toujours sur les mêmes points.

  • Grignoter en cuisinant. Goûter la sauce, croquer une datte en attendant que le riz cuise : chaque bouchée relance le compteur. Si l’on goûte en cuisinant, le repas « commence » à ce moment-là.
  • Compter depuis le début du repas. Un déjeuner en famille qui s’étire de 13 h à 14 h 15 autorise la prise suivante à partir de 16 h 15, pas 15 h.
  • Décaler le dessert ou le thé. Au Maroc, le thé à la menthe arrive souvent un bon moment après le plat. Selon la méthode, il vaut mieux le servir dans la foulée, pendant que le repas est encore « ouvert ».
  • Croire que la règle remplace la palette. Espacer de deux heures des tartines de pain blanc, classé en zone rouge, reste hors du système. La règle n’a de sens qu’avec des aliments autorisés.
  • Transformer la règle en jeûne. Deux heures est un minimum, pas un objectif à allonger sans fin. La méthode ne demande pas de sauter des repas.
  • Modifier le rythme de ses repas sans avis médical. Pour une personne diabétique ou sous traitement dont l’horaire dépend des repas, changer l’heure ou le nombre de prises alimentaires ne se décide pas seul. Ce point relève du médecin, pas d’un système alimentaire.

Exemple de journée avec des aliments autorisés

Collation autorisée : quelques dattes et un café noir sans lait

Voici une journée construite uniquement avec des aliments présents dans la base du site, en zone verte ou jaune, et deux aliments de la zone orange utilisés selon leur condition. La dernière colonne donne la fin de chaque prise et le moment à partir duquel la suivante devient possible.

HeurePriseAliments (zone, condition)Fin de la prise → suivante possible
7 h 30Petit-déjeunerToast au son (vert), beurre (vert), miel (vert) ; thé à la menthe (vert) sucré7 h 50 → 9 h 50
10 h 30Collation facultativeDeux ou trois dattes (vert, 1 à 6 par jour selon le système) ; café noir (vert, sans lait ni blanchisseur)10 h 40 → 12 h 40
13 h 15DéjeunerRiz blanc (vert) cuit sans oignon ni ail ; poisson de mer grillé (vert) ; courgette (jaune, cuite) mijotée dans une sauce de tomate (orange, de préférence cuite en sauce) ; courge rôtie (vert, cuite) ; quelques fraises (vert) prises immédiatement en dessert13 h 50 → 15 h 50
16 h 30GoûterPomme pelée (vert, de préférence pelée) ; petite poignée d’amandes nature (jaune, avec mesure) ; thé vert sans lait (vert)16 h 45 → 18 h 45
20 hDînerPommes de terre au four (vert) au smen (vert) ; tranche de kashkaval (vert) ; quelques olives (orange, en petite quantité) ; infusion à l’anis (vert, sans lait)20 h 30

Cinq prises dans la journée, chacune séparée de la précédente par plus de deux heures, et de l’eau plate à volonté entre elles. Rien n’oblige à garder les cinq : une personne qui n’a pas faim à 10 h 30 passe simplement directement au déjeuner, ce qui rejoint la règle du système de ne manger qu’en cas de faim réelle. Cette journée est un jour « oui » au sens de la règle « un jour oui, un jour non » ; un jour « non », le poisson du déjeuner laisse la place à un légume cuit et à un fromage affiné.

Adapter la règle à son emploi du temps

La règle s’adapte à tous les horaires, puisqu’elle ne fixe pas d’heures. Une personne qui travaille en horaires décalés garde le même principe : deux heures minimum entre la fin d’une prise et la suivante, quelle que soit l’heure de la journée. Une famille qui dîne tard décale simplement le goûter pour conserver l’écart.

Pour les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées, le site ne donne aucune consigne : ces situations relèvent du médecin ou du pédiatre, et la règle ne devrait pas leur être appliquée sans avis.

Questions fréquentes

Le thé ou le café entre les repas relancent-ils le compteur ?

Pas s’ils sont pris nature : d’après la méthode, l’eau plate ne compte jamais, et les sources admettent entre les prises le thé vert et le café noir sans lait ni sucre. Un thé sucré, un café au lait ou un jus est une prise alimentaire à part entière et relance le délai de deux heures.

Faut-il attendre deux heures ou trois ?

Deux heures est le minimum commun à toutes les sources ; certaines le portent à trois « dans l’idéal ». Les cadres proposés varient aussi : deux repas « propres » par jour pour les unes, trois créneaux séparés de quatre à cinq heures pour les autres. Le système ne fixe pas de nombre de repas ; il demande de ne manger qu’en cas de faim réelle.

Que faire si la faim revient avant la fin des deux heures ?

Selon le système, elle s’attend : les sources conseillent un verre d’eau, puis d’observer, la sensation passant en général en un quart d’heure d’après elles. Le guide du site ne reprend pas les pourcentages avancés par certaines sources, qui ne reposent sur aucune mesure publiée. La règle fixe un espacement, pas une privation : la prise suivante se prend dès que les deux heures sont écoulées et que la faim est réelle.

La règle des deux heures est-elle reconnue par la médecine ?

Non. La physiologie décrit bien une vidange gastrique progressive, mais elle n’en tire pas la conclusion d’un délai obligatoire de deux heures entre les prises, et elle ne reconnaît pas de « remise à zéro » de la digestion. Aucune des sources consultées ne cite d’étude à l’appui de la règle ; le site la rapporte comme l’explication de la méthode, sans la faire sienne.

Peut-on appliquer la règle avec un diabète ou un traitement ?

Pas sans avis médical. Pour une personne dont le traitement dépend de l’horaire des repas (insuline, certains antidiabétiques, diurétiques), changer l’heure ou le nombre de prises ne se décide pas seul ; le système lui-même renvoie au médecin dans ce cas. Les institutions médicales jugent par ailleurs le système risqué pour les personnes diabétiques, à cause de la place du riz blanc, des dattes et du sucre. Il ne faut jamais modifier ou arrêter un traitement pour suivre une règle alimentaire.

Pour aller plus loin

La règle des deux heures ne prend tout son sens qu’avec la palette des aliments. L’article sur les cinq zones d’aliments du Nidam al-Tayyibat détaille ce que signifient les zones verte, jaune, orange, violette et rouge, et celui sur le petit-déjeuner selon le Nidam al-Tayyibat propose douze idées pour la première prise de la journée. La règle « un jour oui, un jour non » règle, elle, les jours avec et sans protéine animale. Pour planifier la semaine autour de ces repas espacés, le guide comment organiser ses repas de la semaine et l’article sur les fringales complètent utilement la lecture. Enfin, chaque fiche de la base d’aliments indique la zone, la condition et la position du système pour l’aliment concerné.

Le texte complet de la règle des deux heures, avec les onze règles quotidiennes et l’entrée dans la palette, figure dans l’extrait gratuit du guide proposé sur le site.

Avertissement

Cet article décrit un système alimentaire à titre informatif. Il ne remplace pas un avis médical. En cas de maladie, de traitement en cours, de grossesse ou de diabète, parlez-en à votre médecin avant tout changement d’alimentation.