Le Nidam al-Tayyibat, le système alimentaire décrit par le Dr Diaa Al-Awadi, classe les aliments en « tayyibat » (bienfaisants) et « khabithat » (nuisibles). Pour rendre cette classification lisible, la base d’aliments du site range chaque aliment dans l’une de cinq zones de fréquence, du vert au rouge. Cet article explique ce que chaque zone signifie, donne des exemples tirés de la base et montre comment lire les conditions attachées aux aliments « limités ».
Pourquoi cinq zones, et pas seulement « autorisé » ou « interdit » ?
Dans son enseignement, le système tranche d’abord en deux : un aliment est bienfaisant ou il ne l’est pas. Mais dès qu’on lit ses listes de près, des niveaux intermédiaires apparaissent : une viande « une fois par semaine », un légume « une fois par mois », des fruits secs « avec mesure », une tomate « de préférence cuite ». Les cinq zones servent à rendre ces nuances visibles d’un coup d’œil.
La base du site applique un modèle simple :
- zone verte et zone jaune donnent le statut autorisé ;
- zone orange et zone violette donnent le statut limité ;
- zone rouge donne le statut interdit.
| Zone | Statut dans la base | Fréquence selon le système | Exemples |
|---|---|---|---|
| Verte | autorisé | sans limite de fréquence | riz, pomme de terre, dattes, beurre, cheddar |
| Jaune | autorisé | au quotidien, avec un point de vigilance | amandes, courgette cuite, gouda affiné |
| Orange | limité | tous les deux jours à une fois par semaine, ou sous une préparation précise | agneau, bœuf, carotte cuite, tomate cuite |
| Violette | limité | environ une fois par mois | haricots verts, mloukhia, cacahuètes |
| Rouge | interdit | jamais | pain blanc, poulet, œufs, lait, légumineuses |
Une règle complète le tableau : la méthode fonctionne en liste blanche. Un aliment qui n’apparaît dans aucune liste du système est considéré comme interdit par défaut. C’est pourquoi certaines fiches précisent qu’une variante « n’est pas documentée », par exemple la sardine en conserve, alors que la sardine fraîche est en zone jaune.
Zone verte : la base quotidienne

La zone verte rassemble les aliments que le système admet sans limite de fréquence. Ce sont eux qui forment l’ossature des repas, jour après jour. On y trouve les cinq piliers quotidiens de la méthode et la plupart des fruits, des fromages affinés et des boissons chaudes.
Dix exemples tirés de la base :
- Riz blanc : le féculent central du système, qui remplace le pain à presque tous les repas.
- Pomme de terre : admise sous toutes ses formes, cuisinée sans oignon ni ail.
- Beurre naturel : admis en cuisson et au petit-déjeuner, bien que le lait soit exclu.
- Dattes : un à six fruits par jour selon le système.
- Toast au son : la seule exception admise parmi les produits de boulangerie.
- Poisson de mer : grillé de préférence, frit sans panure de farine.
- Lapin : présenté par la méthode comme l’une des meilleures alternatives au poulet.
- Cheddar : l’un des fromages affinés que le système encourage.
- Thé vert : la boisson chaude de référence, bue sans lait.
- Huile d’olive : admise, surtout à froid.
Attention : « vert » ne veut pas dire « sans condition ». La pomme est admise de préférence pelée, le café sans lait ni blanchisseur, les champignons cuits. La zone indique la fréquence ; la ligne « condition » de chaque fiche précise la forme.
Zone jaune : au quotidien, avec un point de vigilance

La zone jaune regroupe des aliments autorisés au quotidien mais accompagnés d’un point de surveillance : une quantité à modérer, une forme préférée, une version précise ou une tolérance individuelle à observer.
Dix exemples :
- Amandes : avec mesure, nature et non salées.
- Noix : même règle, avec mesure, nature et non salées.
- Pistaches : avec mesure.
- Noix de cajou : avec mesure, nature plutôt que grillées dans une huile industrielle.
- Chocolat : admis selon la méthode, noir, au lait ou blanc.
- Mangue : de préférence en jus filtré plutôt qu’entière.
- Jus de fruits : admis, les jus d’agrumes seulement en petite quantité.
- Gouda et edam : version affinée uniquement, le gouda jeune est à éviter.
- Courgette : toujours cuite, jamais crue, en surveillant la tolérance digestive.
- Cannelle : en petite quantité, dans les desserts et le thé.
La zone jaune est celle où il faut lire la fiche en entier : le mot « autorisé » est le même qu’en zone verte, mais la condition change l’usage.
Zone orange : tous les deux jours à une fois par semaine

La zone orange correspond au statut limité. Elle contient deux familles d’aliments : ceux que le système rationne dans le temps, et ceux qu’il n’admet que sous une préparation précise ou en petite quantité.
Dix exemples :
- Agneau et mouton : la viande préférée du système, deux repas par semaine, part partagée avec la chèvre et le chameau.
- Bœuf : une fois par semaine, part partagée avec le buffle.
- Viande hachée : comptée dans la part hebdomadaire de la viande dont elle provient.
- Carotte : cuite uniquement, la version crue étant écartée avec les crudités.
- Aubergine : cuite uniquement, farcie ou en moussaka.
- Tomate : de préférence cuite, en sauce.
- Olives : en petite quantité.
- Citron confit : la seule forme d’agrume tolérée, en petite quantité.
- Jus d’orange frais : pressé maison, petit verre, pas à jeun.
- Basboussa du commerce : occasionnellement, version sans œuf ni yaourt.
Le fonctionnement des « parts partagées » mérite une précision. Selon la méthode, agneau, chèvre et chameau se partagent une seule enveloppe de deux repas par semaine : deux repas d’agneau épuisent la part, un repas d’agneau et un de chèvre aussi. De même, bœuf, buffle et veau consomment la même part d’un repas par semaine.
Zone violette : très rarement

La zone violette est le niveau toléré le plus strict. La base du site l’utilise pour les aliments que le système limite à environ une fois par mois, et pour ceux sur lesquels ses sources se contredisent, en retenant alors la lecture la plus prudente. Elle ne contient à ce jour que quatre aliments :
- Haricots verts : une fois par mois.
- Mloukhia : une fois par mois.
- Cacahuètes : certaines listes du système les admettent avec mesure, d’autres les excluent comme légumineuse ; la base les place en usage très occasionnel.
- Chocolat noir à 70 % et cacao : très rarement, sans lait ni huile végétale, alors que le chocolat en général figure en zone jaune ; la base retient la zone la plus stricte pour cette entrée précise.
Zone rouge : jamais
La zone rouge est la plus fournie. Le système écarte des familles entières plutôt que des aliments isolés : farines blanches, laitages frais liquides, volailles d’élevage, œufs, crudités, légumineuses, agrumes et produits industriels.
Dix exemples parmi les plus marquants pour un lecteur marocain ou français :
- Pain blanc : baguette, fino, khobz et toutes les viennoiseries à base de farine blanche.
- Pâtes : exclues avec tous les produits de farine blanche.
- Couscous : explicitement exclu, car fabriqué à partir de semoule de blé raffinée.
- Poulet : exclu sous toutes ses formes, d’élevage ou fermier.
- Œufs : exclus durs, au plat, en omelette ou en chakchouka.
- Lait de vache : exclu avec tous les laitages liquides.
- Yaourt : exclu pour les mêmes raisons que le lait frais.
- Laitue et salades vertes : le système bannit les feuilles crues.
- Légumineuses : fèves, haricots secs, pois, lentilles et pois chiches.
- Pastèque : le fruit le plus clairement exclu par le système.
Certaines exclusions surprennent : l’avocat, le riz complet et le quinoa sont en zone rouge alors qu’ils ont bonne réputation ailleurs. La fiche de chaque aliment rapporte le raisonnement avancé par le système, sans le valider.
Comment fonctionnent les conditions des aliments « limités »

Une condition n’est pas une recommandation générale : c’est le cadre précis dans lequel la méthode tolère l’aliment. La base en distingue trois types, parfois combinés sur la même fiche.
- Condition de fréquence. « Une fois par semaine », « une fois par mois », « part partagée avec… ». Elle se gère à l’échelle de la semaine ou du mois, pas du repas.
- Condition de préparation. « Cuite uniquement », « farci et cuit », « pressé maison, filtré ». La méthode demande de cuire presque tous les légumes qu’elle admet : le poivron vert, par exemple, n’est toléré que farci et cuit, jamais cru ; le jus de mangue seulement pressé maison et filtré, les nectars industriels restant interdits.
- Condition de quantité. « En petite quantité », « petite poignée », « avec mesure ». Les noisettes et les raisins secs relèvent de ce cas.
Quand les sources du système se contredisent, la fiche le signale et mentionne une zone alternative. L’aubergine, les cacahuètes et le chocolat noir en sont des exemples. Dans ces cas, la base retient la lecture la plus stricte et explique pourquoi.
Utiliser les pages aliments au quotidien

Trois niveaux de navigation couvrent les besoins courants.
- La page /aliments liste tous les aliments avec leur zone et leur statut, et permet de filtrer par zone.
- Les pages de catégorie regroupent les aliments par famille : protéines, laitages et fromages, céréales et féculents, légumes, fruits, matières grasses, fruits secs et graines, sucreries, boissons et condiments et épices.
- Chaque fiche aliment donne la zone, la condition, la note qui résume la position du système et, le cas échéant, la zone alternative et les substituts.
Dans la pratique, trois moments justifient une visite : avant les courses, pour parcourir la catégorie concernée ; devant une recette, pour vérifier chaque ingrédient ; et au moment de planifier la semaine, pour répartir les aliments de la zone orange sans dépasser leur part.
Questions fréquentes
Combien d’aliments compte chaque zone de la base ?
Au moment de la rédaction, la base compte 197 aliments répartis en dix catégories : 69 en zone verte, 17 en zone jaune, 26 en zone orange, 4 en zone violette et 81 en zone rouge. La zone rouge est la plus fournie parce que le système écarte des familles entières plutôt que des aliments isolés.
Un aliment de la zone verte peut-il avoir une condition ?
Oui. La zone indique la fréquence, pas la forme : la pomme est admise de préférence pelée, le café sans lait ni blanchisseur, les champignons cuits. Selon le système, un aliment vert dont la condition n’est pas respectée sort de la palette, exactement comme un aliment rouge.
Que devient un aliment absent de la base ?
Il est écarté par défaut. Le système fonctionne en liste blanche : seuls les aliments explicitement admis sont permis, et l’absence d’une liste n’équivaut pas à une tolérance. C’est pourquoi certaines fiches précisent qu’une variante « n’est pas documentée », comme la sardine en conserve ou l’eau gazeuse.
Pourquoi certaines fiches indiquent-elles une zone alternative ?
Parce que les sources du système ne s’accordent pas toujours. Quand une source place un aliment plus haut ou plus bas qu’une autre, la base retient la lecture la plus stricte et signale l’autre zone « selon la source ». L’aubergine, les cacahuètes, le chocolat noir et le fromage fondu sont dans ce cas.
Les cinq zones sont-elles reconnues par la nutrition conventionnelle ?
Non. Les zones traduisent les niveaux de fréquence de l’enseignement du Dr Diaa Al-Awadi ; elles ne reposent pas sur des recommandations de santé publique. La nutrition conventionnelle tient pour utiles plusieurs aliments de la zone rouge, comme les légumineuses, les légumes crus, les œufs et la volaille, et elle considère le sucre ajouté, en zone verte dans le système, comme un facteur de risque. Chaque fiche donne les deux lectures.
Pour aller plus loin
Les zones ne disent rien du rythme des repas : c’est la règle des deux heures qui s’en charge. Pour une application concrète dès le matin, l’article sur le petit-déjeuner selon le Nidam al-Tayyibat ne mobilise que des aliments des zones verte et jaune, et celui sur les fromages et laitages montre comment la frontière entre vert et rouge traverse une seule catégorie. La règle « un jour oui, un jour non » explique comment les parts hebdomadaires de la zone orange se répartissent dans la semaine. Enfin, pour situer cette classification par rapport aux repères d’une alimentation équilibrée au Maroc, le guide de l’alimentation équilibrée au Maroc et le menu équilibré pour une semaine offrent un point de comparaison utile.
Avertissement
Cet article décrit un système alimentaire à titre informatif. Il ne remplace pas un avis médical. En cas de maladie, de traitement en cours, de grossesse ou de diabète, parlez-en à votre médecin avant tout changement d’alimentation.
