Le Nidam al-Tayyibat, décrit par le Dr Diaa Al-Awadi, ne mange pas de protéine animale tous les jours. Sa règle « un jour oui, un jour non » (يوم آه ويوم لأ) alterne les jours avec viande, poisson, abats ou volaille admise et les jours sans, puis répartit les viandes rouges en « parts » hebdomadaires. Cet article détaille la règle, les parts, la cuisson de la viande et une semaine type, d’après le guide et la base d’aliments du site.

Ce que dit la règle « un jour oui, un jour non »

Selon le système, la règle tient en trois points, tels que ses compilations les rapportent.

  • Une alternance. Un jour avec protéine animale, un jour sans. La formulation la plus souple parle de trois à quatre jours « oui » par semaine.
  • Un périmètre. La règle vise la protéine animale au sens du système : viande rouge, poisson, abats, et les volailles qu’il admet, le pigeon et la caille, auxquels s’ajoute le lapin.
  • Des jours « non » qui ne sont pas des jours de privation. Ils se composent autour des piliers (riz, pomme de terre, dattes, beurre), des fromages affinés, de la qechta, du tahiné, des légumes cuits et des fruits. Les fromages affinés relèvent donc des jours « non » et ne comptent pas comme protéine animale au sens de la règle.

Une seule source ajoute une règle de composition : pas deux protéines animales dans le même repas. Poisson et viande ne se partagent pas une assiette.

L’explication avancée par la méthode

Le système considère l’alternance comme un repos qu’il prête à la digestion, au foie et aux reins. C’est son explication, non un fait établi. La nutrition conventionnelle ne reconnaît pas ce besoin de repos, mais ne voit pas non plus de problème à ne pas consommer de viande chaque jour, à condition que les apports en protéines soient assurés autrement. Or la palette écarte les légumineuses (rouge) et les œufs (rouge), si bien que les jours « non » reposent surtout sur les fromages affinés, le tahiné et les fruits secs. Le guide du site rappelle que la nutrition conventionnelle situe les besoins d’un adulte autour de 0,8 g de protéines par kilo et par jour, repère que les jours « non » atteignent plus difficilement ; les diététiciens alertent sur ce point.

Les parts hebdomadaires des viandes rouges

Riz au bœuf et abricots secs : le bœuf, une fois par semaine selon le système

Les viandes rouges sont rationnées à la semaine, et certaines partagent la même « enveloppe ». C’est ainsi qu’il faut lire les fiches de la catégorie protéines de la base.

Enveloppe hebdomadaireViandes concernées (zone)Part selon le système
Agneau, chèvre, chameauagneau et mouton (orange), chèvre (orange), chameau (orange)deux repas par semaine en tout
Bœuf, buffle, veaubœuf (orange), buffle (orange), veau (orange)un repas par semaine en tout
Viande hachéeviande hachée (orange)comptée dans l’enveloppe de la viande dont elle provient
Abats de bœuffoie de bœuf (orange), pieds de bœuf (orange)comptés dans la part du bœuf
Graisse de moutongraisse de mouton (orange)avec l’agneau, dans sa part

Deux repas d’agneau dans la semaine épuisent la première enveloppe ; un repas d’agneau et un repas de chèvre aussi. Un tajine de kefta d’agneau compte comme un repas d’agneau, et un plat de foie de bœuf consomme l’unique repas de bœuf. Les deux enveloppes sont indépendantes : une semaine peut comporter deux repas d’agneau et un repas de bœuf. L’agneau est décrit par les sources comme la viande préférée du système. Le veau n’est pas une rubrique séparée dans les listes ; la base le range avec le bœuf, lecture qu’elle signale comme la sienne.

Les protéines des jours « oui » sans enveloppe

Sardines fraîches sur glace : une protéine des jours « oui » sans part hebdomadaire

À côté des viandes rouges rationnées, le système admet des protéines qu’il ne limite pas à la semaine, sous réserve de l’alternance. « Sans enveloppe » ne veut donc pas dire « tous les jours » : ces aliments restent réservés aux jours « oui ».

Deux familles n’entrent jamais dans un jour « oui » : la charcuterie (rouge), y compris à base de bœuf, et le porc (rouge), hors champ pour des raisons religieuses.

La « méthode » de cuisson de la viande rouge

Une source rapporte ce qu’elle appelle la méthode officielle de préparation de la viande rouge dans le système : la faire bouillir d’abord, puis la saisir dans le smen (vert). Les fiches du bœuf et du chameau vont dans le même sens : bouillir avant de dorer, plutôt que griller directement.

Cette méthode s’inscrit dans la règle plus générale d’une cuisine simple : bouilli, vapeur, four, grill, ou friture dans une graisse admise, et toujours sans oignon ni ail, tous deux en zone rouge. Le sel, le cumin et le poivre noir (vert) servent à l’assaisonnement. Pour frire le poisson sans panure, la base admet l’huile de tournesol (jaune, pour la friture) ; l’huile d’olive (vert) sert surtout à froid, en marinade.

Le pigeon se prépare grillé ou farci de riz ou de frik (vert), le lapin en ragoût, grillé ou farci. L’accompagnement type est un féculent de la zone verte, riz ou pomme de terre, et un légume cuit comme la courge (vert, cuite) ou la courgette (jaune, toujours cuite).

Une semaine type

Assiette de riz, viande mijotée et fruits séchés : un repas de jour « oui »

La semaine ci-dessous reprend les menus de la première semaine du programme du site. Elle montre l’alternance et le décompte des parts, pas des quantités : le système ne pèse pas les portions. Tous les aliments sont en zone verte ou jaune, sauf les deux aliments orange signalés avec leur condition.

JourTypeDéjeunerDîner
Lundiouiriz blanc, sardines fraîches grillées (jaune), courge rôtie au beurrepommes de terre au four au smen, kashkaval (vert)
Mardinonpommes de terre sautées au smen et au cumin, courgettes cuites (jaune) ; raisin (vert)soupe de courge, toast au son (vert), fromage roumi (vert)
Mercrediouiriz blanc, poisson de mer au four (vert), carottes cuites (orange, cuites uniquement)purée de pommes de terre au beurre ; fraises (vert)
Jeudinonriz blanc, champignons sautés (vert, cuits), patate douce rôtie (vert)pommes de terre vapeur, mozzarella gratinée (vert) ; banane (vert)
Vendrediouiriz blanc, agneau bouilli puis saisi au smen (orange, premier des deux repas de la part), courge mijotéetoast au son, beurre, fromage fondu (vert) ; raisin
Samedinoncourgettes farcies au riz, sauce de tomate cuite (orange, de préférence cuite)frites maison à l’huile de tournesol (jaune), kashkaval ; infusion (vert, sans lait)
Dimancheouiriz blanc, pigeon rôti au beurre (vert), pommes de terresoupe de courge, toast au son, fromage roumi

Quatre jours « oui » et trois jours « non » : la semaine correspond à la formulation « trois à quatre jours par semaine ». L’enveloppe agneau est entamée une fois sur deux et l’enveloppe bœuf n’est pas touchée, les autres jours « oui » reposant sur la sardine, le poisson de mer et le pigeon, qui ne sont pas rationnés. Pour introduire du bœuf, il suffit de remplacer le poisson du mercredi par du bœuf bouilli puis saisi au smen (orange), ce qui épuise l’unique repas de cette enveloppe. Aucun repas ne réunit deux protéines animales.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Deux protéines animales dans la même assiette. Un riz au poisson servi avec de la viande hachée contredit la règle de composition rapportée par une source.
  • Oublier que la viande hachée et les abats de bœuf comptent. La kefta d’agneau consomme un des deux repas d’agneau ; la viande hachée, le foie ou le bouillon de pieds de bœuf, l’unique repas de bœuf. Les abats d’agneau, eux, sont en zone verte et n’ont pas d’enveloppe.
  • Confondre « sans enveloppe » et « tous les jours ». Poisson, pigeon, caille et lapin ne sont pas rationnés à la semaine, mais ils restent soumis à l’alternance.
  • Remplacer le poulet par de la dinde, ou le poisson de mer par du saumon ou du thon en boîte. Tous trois sont en zone rouge, comme la charcuterie, même à base de bœuf.
  • Cuire la viande à l’oignon et à l’ail. Les deux sont en zone rouge ; la plupart des compilations écartent aussi leur usage en cuisson.
  • Laisser les jours « non » trop pauvres. Sans légumineuses ni œufs, les fromages affinés, le tahiné (vert) et les fruits secs comme les amandes (jaune, avec mesure) portent l’apport protéique ; c’est le point sur lequel les diététiciens alertent.
  • Appliquer l’alternance sans avis médical. En cas de maladie rénale ou hépatique, de grossesse, chez l’enfant ou la personne âgée, la répartition des protéines relève du médecin, pas d’un système alimentaire.

Questions fréquentes

Combien de jours de protéine animale par semaine selon le système ?

Un jour sur deux dans la formulation stricte, ou trois à quatre jours par semaine dans la formulation la plus souple. Le système ne fixe pas de quantité par repas : il raisonne en jours et en parts hebdomadaires, pas en grammes.

Le poisson compte-t-il dans la part de viande ?

Non, selon le système : le poisson de mer, la sardine fraîche et le crabe ne sont pas rationnés à la semaine d’après la base du site. Ils restent réservés aux jours « oui » et ne se servent pas dans la même assiette qu’une viande.

Peut-on manger de l’agneau et du bœuf la même semaine ?

Oui. Les deux enveloppes sont séparées : deux repas pour l’agneau, la chèvre et le chameau réunis, un repas pour le bœuf, le buffle et le veau réunis. Deux repas d’agneau et un repas de bœuf, à des repas distincts, respectent les parts du système.

Le fromage est-il une protéine animale au sens de la règle ?

Pas dans la façon dont les sources décrivent les jours « non », composés justement autour des fromages affinés, de la qechta et du tahiné. Les sources ne tranchent pas le cas d’un fromage servi dans le même repas qu’une viande ; les menus du programme du site évitent cette association.

Le poulet peut-il remplacer le pigeon un jour « oui » ?

Non. Le poulet est en zone rouge sous toutes ses formes, d’élevage ou fermier ; c’est l’une des positions les plus contestées du système, la nutrition conventionnelle en faisant une viande maigre de référence. Les alternatives prévues sont le pigeon, la caille, le lapin et le poisson de mer.

Pour aller plus loin

L’article sur les cinq zones d’aliments du Nidam al-Tayyibat explique le sens des zones orange et violette, qui portent les parts hebdomadaires. Celui sur les fromages et laitages admis par le système détaille les aliments des jours « non ». La règle des deux heures règle le rythme des prises à l’intérieur de chaque jour, et le guide comment organiser ses repas de la semaine aide à planifier les courses. Enfin, la catégorie protéines de la base d’aliments donne, pour chaque viande, poisson ou abat, la zone, la condition et la position de la nutrition conventionnelle.

Avertissement

Cet article décrit un système alimentaire à titre informatif. Il ne remplace pas un avis médical. En cas de maladie, de traitement en cours, de grossesse ou de diabète, parlez-en à votre médecin avant tout changement d’alimentation.