Le Nidam al-Tayyibat est un système alimentaire en liste blanche : seuls les aliments inscrits sur sa liste sont consommés, tout le reste est écarté par défaut. Il a été formulé par le Dr Diaa Al-Awadi et classe chaque aliment dans une zone, du vert au rouge, selon la fréquence à laquelle il est admis.
Les orthographes « al tayebat », « taibat », « tayabat », « tayyibat » ou « الطيّبات » désignent toutes la même méthode. Ce sont des transcriptions différentes d’un même mot arabe, et aucune n’est plus officielle qu’une autre. Si ce point vous intéresse, voyez quel nom est le bon.
Tout ce qui suit est tiré de la base d’aliments du site, où chaque fiche donne la zone, la condition de préparation et, quand elle diverge, la position de la nutrition conventionnelle.
Qu’est-ce qu’une liste blanche, au fond ?
La plupart des régimes fonctionnent en liste noire : on mange normalement, en retirant quelques aliments. Le Nidam al-Tayyibat fait l’inverse. Rien n’est admis tant qu’il ne figure pas sur la liste.
Ce renversement explique la plupart des surprises. L’ail (rouge) et l’oignon (rouge) sont écartés, alors qu’ils sont la base de presque toute la cuisine maghrébine et levantine. Les légumineuses (rouge) le sont aussi, pois chiches et lentilles compris.
Conséquence pratique : on ne retire pas trois ingrédients de ses habitudes, on reconstruit ses plats à partir d’une liste courte.
Les zones, et ce qu’elles veulent dire
Le système ne répond pas par « autorisé » ou « interdit » mais par une fréquence. Cinq zones, de la plus libre à la plus fermée.
| Zone | Ce que le système en dit | Exemple |
|---|---|---|
| Vert | sans restriction de fréquence | Riz (vert) |
| Jaune | admis, avec mesure | Courgette (jaune) |
| Orange | admis sous condition, ou en part limitée | Tomate (orange) |
| Violet | admis très rarement, cas particuliers | Haricots verts (violet) |
| Rouge | écarté | Melon (rouge) |
Sur les 197 fiches publiées, 69 sont en zone verte, 17 en jaune, 26 en orange, 4 en violet et 81 en rouge. Autrement dit : un peu moins de la moitié des aliments courants sont écartés.
Le système classe par famille et non par calorie. Un aliment n’est pas en rouge parce qu’il est gras ou sucré, mais parce qu’il appartient à un groupe que la liste écarte : c’est pourquoi on y trouve côte à côte le sucre blanc et le brocoli. Cette logique est la principale difficulté de lecture pour quelqu’un qui arrive de la diététique classique, où le critère est nutritionnel.
Les trois règles qui tiennent tout le reste
Le système se résume à trois gestes, répétés à chaque repas.
- Partir de la liste, pas de la recette. On choisit d’abord ce qui est admis, puis on décide quoi en faire. Selon le système, c’est l’ordre inverse qui fait échouer les gens.
- Cuire plutôt que manger cru. Les verdures crues (rouge) sont écartées, et plusieurs aliments orange ne sont admis que cuits. Le système juge la cuisson déterminante, pas accessoire.
- Respecter la fréquence, pas seulement la liste. Un aliment jaune mangé tous les jours sort du cadre, même s’il est sur la liste.
Ce qui est gardé
La liste verte est plus large qu’on ne le croit, surtout du côté des féculents et des fruits.
- Féculents : riz (vert), pomme de terre (vert), patate douce (vert), boulgour (vert), frik (vert), maïs en épi (vert).
- Fruits : pomme (vert), poire (vert), banane (vert), dattes (vert), raisin (vert), grenade (vert), figue de Barbarie (vert).
- Assaisonnement : sel (vert), cumin (vert), poivre noir (vert), tahiné (vert), cannelle (jaune).
Le pain n’existe que sous une forme : le toast au son (vert). C’est la seule présentation de pain que la liste retient.
Ce qui est écarté, et ce qui surprend
Trois familles sortent presque entièrement, et ce sont elles qui rendent le début difficile.
- Les aromates de base : ail (rouge), oignon (rouge), piment fort et harissa (rouge).
- Les légumes verts crus et les crucifères : laitue (rouge), épinards (rouge), brocoli (rouge), chou (rouge), concombre cru (rouge).
- Les agrumes et les melons : citron frais (rouge), orange (rouge), melon (rouge), pastèque (rouge).
Côté légumes, la liste admise est très courte : champignons (vert), courge (vert), gingembre (vert), taro (vert) et courgette (jaune). La tomate (orange) et l’aubergine (orange) restent possibles sous condition.
Sur l’aubergine, les sources du système ne s’accordent pas : l’une l’exclut nature, les autres l’admettent cuite ou farcie. La fiche le dit plutôt que de trancher.
La nutrition conventionnelle recommande au contraire une consommation quotidienne de légumes verts et de légumineuses, et considère les agrumes comme un apport utile en vitamine C. Le système s’en écarte sur ce point ; nous le signalons sans arbitrer.
Ce que le système ne tranche pas
Un cadre en liste blanche laisse nécessairement des zones grises, et il est plus honnête de les nommer que de les lisser.
- Les divergences entre sources. Plusieurs aliments sont classés différemment selon la liste consultée. L’aubergine (orange) en est l’exemple le plus net, la mangue (jaune) un autre : certaines listes ne l’admettent qu’en jus.
- Les faux amis de vocabulaire. Le même mot ne désigne pas le même fruit d’un pays à l’autre : battikh veut dire pastèque en Égypte et melon au Maroc. La fiche melon (rouge) le signale, parce que la confusion change la réponse.
- Les quantités. Le système demande de respecter une fréquence, mais ne publie pas de grammages. Nous n’en inventons pas.
À quoi ressemble une journée ?
Une journée type se construit autour d’un féculent vert, d’une protéine admise et d’un légume cuit.
- Matin : toast au son, fromage affiné, dattes, thé.
- Midi : riz ou boulgour, poisson ou viande admise, courgette ou courge cuite.
- Soir : léger, sur la même base ; dix idées sont réunies dans notre page dîners.
Les recettes publiées ici sont de l’équipe. Aucune n’est attribuée au Dr Diaa Al-Awadi, qui a décrit un cadre et non un livre de cuisine.
Par où commencer sans tout rater ?
Le plus efficace n’est pas de tout changer un lundi matin, mais de rendre le placard conforme. Le système considère le contenu du placard comme la vraie contrainte : ce qui n’est pas acheté n’est pas mangé.
- Faire les courses sur la liste courte avant de chercher des recettes.
- Remplacer d’abord le pain et les aromates, qui reviennent à chaque repas.
- Ne traiter les zones orange qu’une fois les zones vertes installées.
Le panier de départ en trente produits couvre exactement cette première semaine.
Questions fréquentes
Le régime Tayebat fait-il maigrir ?
Le système n’a pas publié de résultats mesurés, et nous n’en inventons pas. Ce qu’on peut dire sans extrapoler : il retire le sucre ajouté, les sauces industrielles et la plupart des produits transformés. Toute perte de poids observée reste non démontrée par le système lui-même.
Pourquoi l’ail et l’oignon sont-ils écartés ?
La liste les classe en rouge sans en faire une question de goût. Selon le système, ils appartiennent à la catégorie écartée par principe. C’est l’un des points sur lesquels il s’éloigne le plus de la cuisine régionale et de la nutrition conventionnelle.
Peut-on suivre ce régime en étant diabétique ?
Cela ne se décide pas depuis un article. Le système n’est pas un traitement et ne remplace pas un suivi. Si vous prenez un traitement, la fréquence des féculents verts est précisément le genre de point à regarder avec votre médecin avant de changer quoi que ce soit.
« Taibat », « tayabat », « tayyibat » : y a-t-il une différence ?
Non. Ce sont des transcriptions du même mot arabe, et toutes renvoient au même système. Les moteurs de recherche les traitent comme des variantes, ce qui explique qu’on trouve la méthode sous plusieurs graphies.
Faut-il acheter quelque chose pour commencer ?
Non. La liste des aliments et leurs zones sont consultables librement sur la base d’aliments. Le guide payant n’ajoute pas d’aliments : il met le cadre en programme.
Pour aller plus loin
- La base d’aliments — chaque fiche donne la zone, la condition et la divergence éventuelle.
- Liste de courses : les 30 premiers produits.
- Quel est le vrai nom du système ?
- Sur l’auteur : qui est le médecin dont on parle.
Les zones, conditions et divergences citées dans cet article viennent de la base d’aliments du site, elle-même constituée à partir des listes publiées du système. Les chiffres de répartition des zones sont ceux de la base au 2 novembre 2026.
Avertissement
Cet article décrit un système alimentaire ; il ne donne pas de conseil médical et ne remplace pas un avis médical. Le Nidam al-Tayyibat n’est pas un traitement et n’a pas fait l’objet d’une validation clinique. Si vous êtes enceinte, diabétique, sous traitement, ou si vous suivez un régime pour une raison médicale, parlez-en à un professionnel de santé avant de modifier votre alimentation.