Le Nidam al-Tayyibat, le système alimentaire décrit par le Dr Diaa Al-Awadi, ne s’applique pas aux enfants : toutes ses sources renvoient leur alimentation au pédiatre, et ce site reprend cette position sans nuance. Un parent qui suit la palette peut néanmoins préparer des repas sains partagés avec ses enfants, à condition de compléter leur assiette avec ce que le système écarte et que la pédiatrie recommande.

Cet article explique ce que le système dit à ce sujet, ce que la nutrition conventionnelle attend de l’assiette d’un enfant, et comment une famille dont un adulte suit la palette organise des repas pour tout le monde, à partir de la base d’aliments du site.

Ce que le système dit des enfants

Toutes les sources du système consultées pour le guide du site, y compris celles qui le défendent, renvoient les enfants, les femmes enceintes et allaitantes à une consultation spécialisée. Le guide ne propose rien pour eux ; la règle des deux heures, la transition en quatre semaines et le programme du site s’adressent à des adultes. La seule mention d’enfants dans la base d’aliments concerne le chocolat noir (violet, très rarement, adultes et enfants en bonne santé, sans lait ni huile végétale), et elle ne vaut pas recommandation.

Cette prudence s’explique par la palette elle-même. Le système range en zone rouge le lait de vache, le yaourt, les œufs, les légumineuses, les verdures crues et le poulet, pour des raisons qui lui sont propres : le système juge le blanc d’œuf et le poulet difficiles à digérer, invoque l’élevage intensif et sa lecture de la caséine pour le lait, et ses réserves sur les fibres pour les légumineuses. Il place en revanche parmi ses cinq piliers quotidiens le sucre blanc (vert selon le système, 5 à 15 cuillères à soupe par jour selon une source), à des quantités contraires à toutes les recommandations de santé publique. Appliqué à un enfant, cela reviendrait à lui retirer des aliments que la pédiatrie considère comme utiles et à lui ajouter du sucre : aucune source du système ne le propose, et ce site non plus.

Ce que la nutrition conventionnelle attend de l’assiette d’un enfant

Les fiches de la base du site donnent, pour chaque aliment, la position de la nutrition conventionnelle. Mises bout à bout, elles décrivent une assiette d’enfant très différente de la palette : le lait et le yaourt nature comme sources reconnues de calcium et de protéines ; l’œuf cuit comme l’une des protéines les plus assimilables ; les légumineuses pour leurs protéines végétales, leurs fibres et leur fer ; les légumes crus et les salades pour leurs fibres et leurs vitamines ; le poulet comme viande maigre de référence. Le sucre ajouté, lui, est à limiter fortement, et le miel reste un sucre libre soumis aux mêmes limites.

La croissance d’un enfant, ses besoins par âge et la diversification alimentaire relèvent du pédiatre ou du médecin de famille, pas d’un système alimentaire. Cet article ne donne donc ni grammages ni repères par tranche d’âge : il décrit ce qui, dans la palette, peut être partagé en famille, et ce qui, pour l’enfant, doit être ajouté sur avis médical.

Composer l'assiette équilibrée d'un enfant

Bananes, poires, pêches et pommes : les fruits de l’assiette d’un enfant

Une partie des repas du système se partage sans difficulté avec un enfant, parce qu’elle correspond aussi aux repères conventionnels. Le tableau reprend, pour chaque aliment de cette base commune, la zone que lui donne le système et ce que la fiche du site rapporte du regard de la nutrition conventionnelle.

Aliment partagéZone et condition selon le systèmeRegard de la nutrition conventionnelle
Poisson de mer grillévert, grillé de préférencepoisson recommandé deux fois par semaine
Riz blancvertféculent courant ; le riz basmati ou complet a un index glycémique plus favorable
Pommes de terrevertféculent de base, cuissons sans friture et portions mesurées
Carottes cuitesorange, cuites uniquementse mangent crues ou cuites ; la cuisson rend le bêta-carotène plus assimilable
Courgettes cuitesjaune, jamais cruetrès peu caloriques, riches en eau et en potassium, fibres douces
Banane ou pomme en dessertvert ; pomme de préférence pelée selon le systèmefruits recommandés ; la peau de la pomme contient une bonne part des fibres
Eau platevertboisson de référence de toutes les recommandations

Ce que l’assiette de l’enfant ajoute, et que l’adulte qui suit la palette ne mange pas, dépend du pédiatre : un laitage, un œuf, une portion de légumineuses, des légumes crus, du pain. La famille sert la même base, et l’enfant reçoit ses compléments à côté. Deux repères valent pour tous : l’eau plate (vert) comme boisson, sur laquelle le système et la pédiatrie s’accordent, et l’absence de sodas et de jus industriels, tous deux en zone rouge pour le système et à limiter pour la nutrition conventionnelle. Le pilier « sucre » du système ne s’applique pas à l’enfant.

Cuisiner pour toute la famille quand un parent suit la palette

Plat familial de riz à l’agneau et fruits secs, partagé par toute la table

Le plus simple est de cuisiner une seule base conforme au système et d’y ajouter ce qui manque à l’enfant. Quatre exemples, tirés des menus du programme du site.

  • Poisson de mer au four, pommes de terre et carottes cuites. La part de l’adulte se mange telle quelle ; l’enfant y ajoute, si le pédiatre le conseille, un verre de lait ou un yaourt au dessert.
  • Agneau mijoté aux abricots secs et riz (orange, deux repas par semaine, part partagée avec chèvre et chameau). La viande rouge est aussi, pour la nutrition conventionnelle, à limiter à quelques portions par semaine ; l’enfant peut recevoir sa portion avec des légumes crus à côté.
  • Courgettes farcies au riz et à la viande hachée (orange, dans la part hebdomadaire de la viande), sauce de tomate cuite (orange, cuite en sauce). Un plat que les enfants acceptent souvent ; l’enfant peut y ajouter du pain.
  • Soupe de courge au beurre (vert, cuite ; beurre vert) avec, pour l’adulte, un toast au son (vert) et du kashkaval (vert) ; pour l’enfant, du pain ordinaire et un fromage de son choix.

Deux règles du système restent propres à l’adulte : l’alternance un jour oui, un jour non pour la protéine animale, et la règle des deux heures entre les prises. Le guide du site est explicite : cette règle ne s’applique pas aux enfants sans avis médical. Un enfant mange à son rythme, goûter compris. Enfin, l’absence d’oignon et d’ail, en zone rouge, concerne la cuisine de l’adulte ; rien n’empêche d’en ajouter dans la part de l’enfant si la famille le souhaite.

Les collations saines pour les enfants

Pomme coupée, dattes, amandes et cannelle : un goûter simple pour un enfant

Les fruits de la palette conviennent à tous : banane (vert), fraises (vert), pomme (vert, de préférence pelée selon le système ; la nutrition conventionnelle rappelle que la peau contient une bonne part des fibres), poire (vert), raisin (vert), abricot (vert). Une ou deux dattes (vert, 1 à 6 par jour selon le système) sont un fruit très sucré : la quantité du système vaut pour un adulte, pas pour un enfant. Un morceau de cheddar (vert) ou de mozzarella (vert) complète la collation.

Deux points de prudence, qui ne viennent pas du système mais du bon sens et de la pédiatrie : les amandes (jaune, avec mesure) et autres fruits à coque entiers ne se donnent pas aux tout-petits sans l’avis du pédiatre, en raison du risque d’étouffement ; et les douceurs que le système admet, pâte à tartiner (vert), bonbons gélifiés (vert) ou chips (vert), restent pour la nutrition conventionnelle des produits sucrés, gras ou frits à consommer rarement, surtout chez l’enfant.

Conseils d'expert (Expert Tips)

Ces conseils reprennent ce que le guide du site et les fiches de la base permettent de dire ; ils ne remplacent pas le pédiatre.

  • Ne pas appliquer la palette à un enfant. Aucune source du système ne le propose ; toutes renvoient au médecin.
  • Ne retirer ni lait, ni œufs, ni légumineuses, ni crudités de l’alimentation d’un enfant sur la base du système. Si une intolérance ou une allergie se pose, c’est au médecin de trancher.
  • Laisser le pilier « sucre » hors de l’assiette des enfants. Rien sur ce site ne recommande le sucre quotidien ; le guide rapporte que le système le prévoit pour les adultes qui le suivent.
  • Cuisiner une base commune : poisson, riz, pommes de terre, légumes cuits, fruits, et compléter l’assiette de l’enfant.
  • Garder le rythme de l’enfant. Trois repas et un goûter à ses heures ; la règle des deux heures reste celle de l’adulte.
  • Faire suivre la croissance. Poids, taille et appétit relèvent du pédiatre ; un enfant qui mange moins ou maigrit se montre au médecin, quel que soit le régime des parents.

Les erreurs fréquentes

  • Remplacer le lait de l’enfant par de la qechta ou du fromage fondu, comme la base du site le propose pour l’adulte : ces substitutions sont celles du système, et le guide précise qu’elles n’ont pas la valeur nutritionnelle de l’aliment remplacé.
  • Imposer les deux heures d’attente à un enfant qui a faim. Le système lui-même renvoie au médecin pour les enfants.
  • Donner des dattes « à volonté » parce qu’elles sont en zone verte. La fourchette d’une à six par jour est celle du système pour un adulte.
  • Supprimer le pain de l’enfant. Le pain blanc est en zone rouge pour le système ; pour la nutrition conventionnelle, le pain complet ou au levain a toute sa place.
  • Prendre les douceurs admises par le système pour des aliments sains. Chips, bonbons gélifiés et pâte à tartiner sont admis par la méthode, pas recommandés par la pédiatrie.

Questions fréquentes

Un enfant peut-il suivre le Nidam al-Tayyibat ?

Non, d’après les sources du système elles-mêmes, qui renvoient les enfants à une consultation spécialisée. Le guide du site ne propose rien pour eux, et la palette retire des aliments que la pédiatrie considère comme utiles tout en ajoutant du sucre.

Que peut partager un enfant avec un parent qui suit la palette ?

Le poisson de mer grillé, le riz, les pommes de terre, les légumes cuits, les fruits, les fromages affinés et l’eau plate. Ces aliments conviennent aux deux lectures. L’enfant reçoit à côté ce que son pédiatre conseille : laitage, œuf, légumineuses, légumes crus, pain.

Pourquoi le système exclut-il le lait et les œufs, si importants pour les enfants ?

Selon le système, le lait pose problème à cause de sa lecture de la caséine, et le blanc d’œuf est difficile à digérer. La nutrition conventionnelle ne reconnaît aucune de ces raisons : le lait est une source reconnue de calcium et l’œuf cuit l’une des protéines les plus assimilables. Les fiches de la base du site donnent les deux positions.

La règle des deux heures s’applique-t-elle aux enfants ?

Non. Le guide du site précise que, pour les enfants, les femmes enceintes ou allaitantes et les personnes âgées, le système lui-même renvoie au médecin. Un enfant mange à ses heures, goûter compris.

Les douceurs admises par le système conviennent-elles aux enfants ?

Elles sont admises par la méthode, pas recommandées par la pédiatrie. Chips, bonbons gélifiés, pâte à tartiner et sucre blanc restent, pour la nutrition conventionnelle, des produits à consommer rarement, surtout chez l’enfant.

Pour aller plus loin

L’article sur les collations saines pour les enfants et le menu familial équilibré de la semaine complètent les idées de goûters et de repas partagés. La règle des deux heures explique le rythme des prises que le système réserve aux adultes, et l’article sur les cinq zones d’aliments détaille le sens des couleurs indiquées entre parenthèses. Chaque fiche de la base d’aliments donne la zone, la condition et la position de la nutrition conventionnelle sur l’aliment concerné.

Avertissement

Cet article décrit un système alimentaire à titre informatif. Il ne remplace pas un avis médical. En cas de maladie, de traitement en cours, de grossesse ou de diabète, parlez-en à votre médecin avant tout changement d’alimentation.