Le Nidam al-Tayyibat, le système alimentaire décrit par le Dr Diaa Al-Awadi (1979–2026), ne propose pas d’alimentation saine pour les femmes distincte de celle des hommes : même palette, même règle des deux heures, même alternance des jours de protéine. Cet article montre à quoi ressemble cette alimentation composée avec les seuls aliments admis par la base d’aliments du site, où elle trouve fer, calcium et oméga-3, et sur quels points les institutions médicales la contestent.
Ce que le système dit, et ne dit pas, de l’alimentation des femmes
Le système ne raisonne ni en nutriments ni en quantités. Par ses onze règles quotidiennes, le système demande de manger les aliments de la palette quand la faim est réelle, de s’arrêter avant la satiété complète, de laisser au moins deux heures entre deux prises et d’alterner les jours avec et sans protéine animale. Rien n’y distingue les femmes des hommes.
Sur deux situations, en revanche, toutes les sources s’accordent : la grossesse et l’allaitement relèvent du médecin, et le guide du site précise qu’il « ne propose rien » pour les femmes enceintes ou allaitantes. Une femme sous traitement, quel qu’il soit, est renvoyée de la même façon à son médecin avant tout changement.
Les nutriments clés d'une nutrition féminine équilibrée

La nutrition conventionnelle insiste, chez les femmes, sur quelques nutriments : le fer, le calcium, les folates, les oméga-3 et une bonne hydratation. Le système, lui, ne les nomme jamais. Les paragraphes qui suivent croisent donc les deux lectures : pour chaque nutriment, ce que la base du site rapporte du regard de la nutrition classique, puis ce que la palette garde ou écarte.
Le fer
Les aliments de la palette que la base du site associe au fer sont d’abord animaux : le foie d’agneau (vert), que le système admet sans enveloppe hebdomadaire, le pigeon (vert), dont la fiche rappelle qu’il est une volaille maigre et riche en fer, l’agneau (orange, deux repas par semaine, part partagée avec la chèvre et le chameau) et le bœuf (orange, un repas par semaine, part partagée avec le buffle). Selon le système, ces aliments ne se mangent que les jours « oui ».
Deux sources végétales de fer que la nutrition conventionnelle met en avant sont écartées : les légumineuses (rouge), dont la fiche rappelle qu’elles apportent protéines végétales, fibres et fer, et les épinards (rouge). Une femme dont le fer est bas ne devrait pas compter sur le système pour y remédier ; la question relève du médecin.
Le calcium et la vitamine D
Le système écarte le lait de vache (rouge), le yaourt (rouge) et le fromage blanc (rouge), qu’il classe parmi les laitages frais, alors que la fiche du lait rappelle qu’il est une source reconnue de calcium et de protéines. À la place, la palette garde les fromages affinés : cheddar (vert), kashkaval (vert), parmesan (vert), fromage roumi (vert), gouda ou edam (jaune, version affinée uniquement). Deux autres aliments admis sont cités par la base pour leur calcium : la sardine fraîche (jaune, fraîche, les jours protéine), avec ses arêtes, et le tahiné (vert). La vitamine D n’est pas abordée par les sources du système.
Les folates (vitamine B9)
C’est le point le plus délicat. Les sources de folates que la nutrition conventionnelle cite en premier, les verdures crues (rouge), les épinards et les légumineuses, sont toutes en zone rouge ; la fiche des verdures crues le dit explicitement : fibres, folates, vitamine K. La base du site ne documente aucune source de folates dans la palette. Une femme qui envisage une grossesse doit poser la question à son médecin, et le système lui-même la renvoie vers lui.
Le magnésium et les oméga-3
Ici la palette est mieux fournie. Les amandes (jaune, avec mesure, nature et non salées) sont décrites par leur fiche comme une bonne source de graisses, de vitamine E et de magnésium ; les noix (jaune, avec mesure) comme la meilleure source végétale d’oméga-3 parmi les fruits à coque. Le poisson de mer (vert, grillé de préférence) et la sardine apportent les oméga-3 marins, la nutrition conventionnelle recommandant du poisson deux fois par semaine, dont un poisson gras. L’huile d’olive (vert) complète ce tableau ; les graines de lin (rouge) sont exclues.
L'hydratation
Selon le système, on boit à la soif, sans quota, de préférence de l’eau plate tiède, entre les repas plutôt que pendant. Le thé vert (vert, sans lait), le thé à la menthe (vert), le karkadé (vert) et les infusions (vert, sans lait) sont admis ; le thé noir (rouge) et les sodas (rouge) sont écartés au profit du thé vert et du karkadé.
Tableau des nutriments clés et de la palette
| Nutriment | Sources courantes selon la nutrition conventionnelle | Ce que la palette écarte | Ce que la palette garde |
|---|---|---|---|
| Fer | viande rouge, légumineuses, épinards | légumineuses, épinards (rouge) | foie d’agneau (vert), pigeon (vert), agneau et bœuf (orange, parts hebdomadaires) |
| Calcium | lait, yaourt, fromages, sardine | lait, yaourt, fromage blanc (rouge) | cheddar, kashkaval, parmesan, roumi (vert), gouda affiné (jaune), sardine (jaune), tahiné (vert) |
| Folates | verdures, épinards, légumineuses | les trois (rouge) | aucune source documentée dans la base |
| Oméga-3 | poisson gras, noix, graines de lin | graines de lin (rouge) | poisson de mer (vert), sardine (jaune), noix (jaune), huile d’olive (vert) |
Les écarts avec la nutrition conventionnelle

Le tableau montre ce qui frappe les diététiciens : la palette écarte des familles entières jugées utiles aux femmes par les institutions médicales, laitages frais, légumineuses, crudités, et les œufs (rouge), que la fiche décrit comme l’une des protéines les mieux assimilées. Le guide signale que les jours « non », où les protéines viennent des fromages affinés, du tahiné et des fruits secs, atteignent plus difficilement le repère conventionnel d’environ 0,8 g de protéines par kilo et par jour.
Le point le plus contesté reste le pilier « sucre » : le système place le sucre blanc (vert, 5 à 15 cuillères à soupe par jour selon une seule source) parmi ses cinq aliments quotidiens, à l’opposé des recommandations de santé publique. Rien ici ne recommande cette consommation ; l’article rapporte que le système la prévoit. Les dattes (vert, 1 à 6 par jour selon le système) et le riz blanc (vert) changent la glycémie : une femme diabétique ou prédiabétique ne les adopte pas comme piliers sans avis médical.
Une journée type composée avec la palette

Voici un jour « oui » tiré de la première semaine du programme du site. Dessert et thé se prennent pendant le repas, règle des deux heures oblige.
- Matin. Toast au son (vert), beurre (vert) et miel (vert) ; thé vert sans lait.
- Midi. Riz blanc, sardines fraîches grillées au sel, courge (vert, cuite) rôtie au beurre ; quelques fraises (vert) prises dans la foulée.
- Goûter, au moins deux heures après. Deux ou trois dattes, café (vert, sans lait).
- Soir. Pommes de terre (vert) au four au smen (vert), une tranche de kashkaval ; infusion sans lait.
Un jour « non » reprend les mêmes bases sans viande ni poisson : pommes de terre au smen, courgettes (jaune, toujours cuites), raisin (vert), puis soupe de courge, toast au son et fromage roumi.
Conseils d'experte (Expert Tips)
Ces conseils d’organisation viennent des sources du système et de l’équipe du site ; ce sont des repères pratiques, pas des conseils médicaux.
- Planifier la semaine sur une feuille, jours « oui » et « non » compris, avant les courses : c’est la consigne des sources pour la troisième semaine de transition, la plus exigeante.
- Garder une base de féculents au réfrigérateur, riz cuit et pommes de terre bouillies, pour ne pas être prise au dépourvu quand le pain disparaît.
- Remplacer plutôt que supprimer. Chaque laitage frais a son équivalent dans la palette : la qechta (vert) pour la crème, le cheddar ou le kashkaval pour le fromage du goûter.
- Prendre le dessert, le fruit et le thé pendant le repas, pas une heure après, sinon le décompte des deux heures repart.
- Avancer par étapes. Les sources conseillent une transition sur quatre semaines, une famille d’aliments à la fois.
- Noter ce qui ne va pas. Fatigue persistante, vertiges, troubles digestifs, soif inhabituelle : le guide conseille d’en parler au médecin plutôt que d’attendre.
Les erreurs les plus fréquentes
- Appliquer le système enceinte ou pendant l’allaitement. Toutes les sources, y compris celles qui le défendent, renvoient au médecin.
- Oublier la condition derrière la zone. La pomme (vert) se mange de préférence pelée, la courgette toujours cuite, les amandes avec mesure.
- Remplacer le yaourt par un lait végétal. Les laits végétaux (rouge) sont écartés comme le lait ; la palette propose la qechta et les fromages affinés.
- Croire qu’un aliment réputé sain est admis. L’avocat (rouge), l’avoine (rouge) et le quinoa (rouge) sont exclus malgré leur réputation.
- Modifier un traitement. Le guide en fait sa règle zéro : on ne réduit ni n’arrête jamais un traitement sans l’accord du médecin.
Questions fréquentes
Le Nidam al-Tayyibat prévoit-il une alimentation différente pour les femmes ?
Non. Les sources décrivent une seule palette, une seule règle des deux heures et une seule alternance des jours de protéine pour tous les adultes. Les besoins propres aux femmes, fer, calcium, folates, n’y sont pas abordés.
Une femme enceinte ou qui allaite peut-elle suivre le système ?
Les sources du système et le guide du site renvoient toutes à une consultation médicale et ne proposent rien pour ces situations. La palette écarte des aliments que la nutrition conventionnelle juge importants pendant la grossesse, dont les principales sources de folates. La décision appartient au médecin, pas à un système alimentaire.
Où trouver du calcium sans lait ni yaourt ?
Dans la palette, les fromages affinés (cheddar, kashkaval, parmesan, roumi, gouda affiné), la sardine fraîche avec ses arêtes et le tahiné sont les aliments que la base du site associe au calcium. La nutrition conventionnelle rappelle que le lait et le yaourt, exclus ici, restent des sources reconnues.
Le système fait-il perdre du poids ?
Personne ne l’a mesuré de façon publiée, et ce site ne rapporte ni témoignage ni chiffre. Le système ne compte pas les calories : il retire le pain et les produits transformés, mais ajoute riz, beurre, dattes et sucre. L’effet peut donc aller dans un sens ou dans l’autre.
Que faire en cas de fer bas ou d’anémie ?
Consulter. La palette garde des sources animales de fer les jours « oui » (foie d’agneau, pigeon, viandes rouges dans leurs parts), mais écarte les légumineuses et les épinards. Une carence se diagnostique et se traite avec un médecin, pas avec une liste d’aliments.
Pour aller plus loin
L’article sur les cinq zones d’aliments du Nidam al-Tayyibat explique les pastilles et les conditions. Celui sur les fromages et laitages admis détaille les équivalents du lait et du yaourt ; la règle « un jour oui, un jour non » précise les parts de viande ; la règle des deux heures règle le rythme des prises. Chaque fiche de la base d’aliments donne la zone, la condition et le regard de la nutrition conventionnelle.
Avertissement
Cet article décrit un système alimentaire à titre informatif. Il ne remplace pas un avis médical. En cas de maladie, de traitement en cours, de grossesse ou de diabète, parlez-en à votre médecin avant tout changement d’alimentation.
