Le Nidam al-Tayyibat, le système alimentaire décrit par le Dr Diaa Al-Awadi (1979–2026), ne distingue pas les hommes des femmes : la même palette d’aliments, la même règle des deux heures et la même alternance des jours de protéine valent pour tous les adultes.
La question d’une alimentation saine pour les hommes se pose pourtant autrement : la place de la viande, les protéines, l’activité physique, l’alcool. Cet article montre comment le système répond à chacun de ces points, à partir de la base d’aliments du site, du guide et des menus du programme, et rapporte chaque fois le regard de la nutrition conventionnelle, qui conteste plusieurs de ses positions.
Ce que le système dit, et ne dit pas, des hommes
Les onze règles quotidiennes du système ne contiennent aucune consigne liée au sexe. Selon le système, chacun mange les aliments de la palette quand la faim est réelle, s’arrête avant la satiété complète, de composer des repas simples, de laisser au moins deux heures entre deux prises, d’alterner les jours avec et sans protéine animale, de cuisiner sans oignon ni ail et de bouger chaque jour. Le système ne compte ni calories ni portions.
Il ne promet rien non plus. Un homme sous traitement, pour la tension, le diabète ou autre, est renvoyé à son médecin avant tout changement, et le guide fait de « ne jamais arrêter un traitement » sa règle zéro.
Construire une assiette équilibrée au quotidien

La formule type d’un repas, telle que les sources du système la donnent, tient en trois éléments : un féculent de base, le riz blanc (vert) ou la pomme de terre (vert) ; une protéine admise si c’est un jour « oui » ; une matière grasse naturelle, beurre (vert), smen (vert) ou huile d’olive (vert). Un légume cuit complète l’assiette.
Les jours « oui »
La viande rouge est rationnée à la semaine. Le bœuf (orange, un repas par semaine, part partagée avec le buffle) se prépare selon la « méthode » rapportée par une source : bouilli d’abord, puis saisi au smen, plutôt que grillé directement. L’agneau (orange, deux repas par semaine, part partagée avec la chèvre et le chameau) est décrit comme la viande préférée du système. Les autres protéines des jours « oui » n’ont pas d’enveloppe hebdomadaire : le poisson de mer (vert, grillé de préférence), la sardine fraîche (jaune, fraîche, les jours protéine), le pigeon (vert), la caille (vert), le lapin (vert) et le foie d’agneau (vert). Une source ajoute : pas deux protéines animales dans la même assiette.
Les jours « non »
Ils se composent autour des piliers, des fromages affinés comme le kashkaval (vert) ou le cheddar (vert), de la qechta (vert), du tahiné (vert), des légumes cuits et des fruits. Le système considère ces journées comme un repos pour la digestion ; c’est son explication, pas un fait établi.
Les légumes, toujours cuits
Le système écarte les crudités dans leur ensemble. Les légumes admis le sont cuits : la courge (vert, cuite), la courgette (jaune, jamais crue), la carotte (orange, cuite uniquement), l’aubergine (orange, cuite uniquement), les champignons (vert, cuits), la tomate (orange, de préférence cuite en sauce). La laitue (rouge), le concombre (rouge), l’oignon (rouge) et l’ail (rouge) sont exclus, les deux derniers y compris en cuisson.
| Repas | Jour « oui » | Jour « non » |
|---|---|---|
| Déjeuner | riz blanc, bœuf bouilli puis saisi au smen (orange, l’unique repas de la semaine), carottes cuites (orange) | riz blanc, champignons sautés au beurre, patate douce rôtie |
| Dîner | pommes de terre au four au smen, courge rôtie | soupe de courge, toast au son, fromage roumi |
| Dessert, pris dans la foulée | raisin ou pomme pelée | dattes, quelques amandes |
Ces exemples reprennent les menus de la première semaine du programme du site. Dessert et thé se prennent pendant le repas, la règle des deux heures comptant à partir de la dernière bouchée.
Protéines : ce que prévoit le système et ce qu’en disent les diététiciens

C’est le point où le système diverge le plus de la nutrition conventionnelle. Le guide rappelle que celle-ci situe les besoins d’un adulte autour de 0,8 g de protéines par kilo et par jour, davantage chez les sportifs et les personnes âgées. Or le système alterne les jours avec et sans protéine animale, et sa palette écarte trois sources courantes : les œufs (rouge), que la fiche décrit comme l’une des protéines les mieux assimilées ; le poulet (rouge), viande maigre de référence dont l’exclusion est l’une des positions les plus contestées du système ; les légumineuses (rouge), source de protéines végétales, de fibres et de fer. La dinde (rouge), la charcuterie (rouge) et le thon en conserve (rouge) sont exclus de même.
Les jours « non », les protéines viennent des fromages affinés, du tahiné et des fruits secs comme les amandes (jaune, avec mesure) ou les noix (jaune, avec mesure). Le guide signale que ces journées atteignent plus difficilement le repère conventionnel, et que les diététiciens alertent sur ce point.
Muscle, activité physique et récupération

Le système demande de bouger chaque jour, c’est l’une de ses onze règles : une marche quotidienne ou des exercices simples, sans programme sportif brutal la première semaine. Les sources parlent de « combustion interne » ; c’est le vocabulaire de la méthode, pas une notion médicale.
Au-delà de cette règle, les sources documentées sur ce site ne disent rien de la nutrition du sportif : pas de consigne sur le repas d’avant ou d’après l’effort, pas de quantité de protéines, pas de mention des compléments. La nutrition conventionnelle, elle, augmente ses repères de protéines pour les sportifs ; la question se règle avec un médecin ou un diététicien.
Un repas de récupération composé avec la palette
Si l’on veut rester dans la palette un jour « oui », le repas le plus simple après l’effort reprend la formule du système : riz blanc ou pommes de terre, poisson de mer grillé ou pigeon rôti au beurre, courge ou courgettes cuites, puis un fruit comme la banane (vert) ou le raisin (vert), pris dans la foulée. Un jour « non », le même féculent s’accompagne de kashkaval et d’amandes.
Hydratation
Le système demande de boire à la soif, sans quota, de préférence de l’eau plate tiède, entre les repas plutôt que pendant. Les boissons énergisantes (rouge) et les sodas (rouge) sont exclus ; la base propose à leur place le jus de canne (vert), la boisson au tamarin (vert), le karkadé (vert) ou les jus de fruits (jaune), auxquels la nutrition conventionnelle préfère le fruit entier.
Sucre, sel, alcool : les positions du système
- Le sucre. Le sucre blanc (vert, 5 à 15 cuillères à soupe par jour selon une seule source) est l’un des cinq piliers quotidiens du système. C’est sa position la plus contestée : les recommandations de santé publique plafonnent les sucres libres, et la fiche de la base parle d’un risque réel en cas de diabète ou de résistance à l’insuline. Rien ici ne recommande cette consommation.
- Le sel. Le sel (vert) est admis sans condition par la base, qui ne donne aucune quantité. Les bouillons cubes (rouge) et les sauces industrielles sont exclus.
- L’alcool. L’alcool (rouge) est exclu sous toutes ses formes, vin, bière et spiritueux.
Conseils d'expert
Ces repères d’organisation viennent des sources du système et de l’équipe du site ; ce ne sont pas des avis médicaux.
- Planifier les jours « oui » et « non » sur une feuille avant les courses, en comptant les parts : deux repas d’agneau, de chèvre ou de chameau, un repas de bœuf, de buffle ou de veau. Un tajine d’agneau aux abricots secs (vert) partagé en famille consomme l’un des deux repas d’agneau de la semaine.
- À table chez les autres ou au restaurant, les sources conseillent de choisir ce qui se rapproche de la palette, riz, légumes cuits, viande ou poisson grillé, fruits, de décliner le pain et la salade, et de demander sans citron, sans oignon et sans sauce industrielle.
- Prendre le thé à la menthe dans la foulée du repas, pas une heure après : au Maroc il arrive souvent tard, et la règle des deux heures repartirait de ce moment.
- Garder une base de féculents au réfrigérateur, riz cuit et pommes de terre bouillies, pour les soirs sans temps.
- Commencer par la marche, pas par un programme intensif : c’est la consigne des sources pour la première semaine.
Les erreurs les plus fréquentes
- Manger de la viande rouge tous les jours. Le système l’alterne un jour sur deux et la rationne à la semaine ; deux repas d’agneau épuisent la première enveloppe.
- Remplacer le poulet par de la dinde ou le poisson de mer par du thon en boîte. Les deux sont en zone rouge, comme le saumon d’élevage (rouge).
- Compter sur les jours « non » sans y penser. Sans œufs ni légumineuses, ces journées reposent sur les fromages affinés, le tahiné et les fruits secs ; c’est le point sur lequel les diététiciens alertent.
- Cuire la viande à l’oignon et à l’ail. Les deux sont en zone rouge ; le cumin (vert), le poivre noir (vert) et le sel assaisonnent.
- Adopter le pilier « sucre » avec un diabète ou une tension traitée. Le système lui-même renvoie au médecin ; les institutions médicales jugent cette position risquée.
Questions fréquentes
Le Nidam al-Tayyibat prévoit-il des règles différentes pour les hommes ?
Non. Les sources décrivent une seule palette, une seule règle des deux heures et une seule alternance des jours de protéine pour tous les adultes. Les besoins propres aux hommes, et notamment ceux des sportifs, n’y sont pas abordés.
Combien de viande rouge par semaine selon le système ?
Deux repas pour l’agneau, la chèvre et le chameau réunis, un repas pour le bœuf, le buffle et le veau réunis, les deux enveloppes étant indépendantes ; la viande hachée et les abats de bœuf comptent dans ces parts. Poisson de mer, pigeon, caille et lapin ne sont pas rationnés.
Un homme sportif peut-il suivre le système ?
Les sources ne disent rien de la nutrition du sportif. La nutrition conventionnelle augmente les repères de protéines pour les personnes qui s’entraînent, et les jours « non » du système les atteignent difficilement. La question relève d’un médecin ou d’un diététicien.
Le système autorise-t-il l’alcool ?
Non. L’alcool est en zone rouge sous toutes ses formes ; l’eau, le thé vert, le karkadé et les jus admis sont les boissons de la palette.
Le système fait-il perdre du ventre ou du poids ?
Personne ne l’a mesuré de façon publiée, et ce site ne rapporte ni témoignage ni chiffre. La méthode retire le pain, les produits transformés et les boissons sucrées, mais ajoute riz, beurre, dattes et sucre ; l’effet peut aller dans un sens ou dans l’autre.
Pour aller plus loin
L’article sur la règle « un jour oui, un jour non » détaille les parts hebdomadaires des viandes et les protéines des jours « oui ». Celui sur les cinq zones d’aliments du Nidam al-Tayyibat explique les pastilles et les conditions, et la règle des deux heures règle le rythme des prises. Pour planifier la semaine et les courses, le guide comment organiser ses repas de la semaine complète la lecture. Chaque fiche de la base d’aliments donne la zone, la condition et le regard de la nutrition conventionnelle.
Avertissement
Cet article décrit un système alimentaire à titre informatif. Il ne remplace pas un avis médical. En cas de maladie, de traitement en cours, de grossesse ou de diabète, parlez-en à votre médecin avant tout changement d’alimentation.
