Les meilleurs aliments pour contrôler la glycémie sont, pour la médecine, les légumes, les légumineuses, les céréales complètes et les laitages nature. Le Nidam al-Tayyibat, le système alimentaire décrit par le Dr Diaa Al-Awadi, écarte une bonne part de ces aliments et place le riz blanc, les dattes et le sucre parmi ses piliers quotidiens. Cet article compare les deux lectures à partir de la base d’aliments du site, sans proposer de programme aux personnes diabétiques.

Ce que le système dit, et ne dit pas, de la glycémie

Le Nidam al-Tayyibat ne se présente pas comme une méthode de contrôle de la glycémie et ne revendique aucun effet sur le diabète. Il classe les aliments en cinq zones de fréquence selon ses propres critères, qui n’ont rien à voir avec l’index glycémique : transformation industrielle, élevage intensif, ce qu’il juge « inflammatoire ». Trois de ses cinq piliers quotidiens sont précisément les aliments que la médecine surveille le plus chez une personne diabétique : le riz blanc (vert), les dattes (vert, une à six par jour selon le système) et le sucre blanc (vert, cinq à quinze cuillères à soupe par jour selon une seule source du système).

Toutes les sources consultées, y compris celles qui défendent le système, répètent la même consigne : ne jamais arrêter un traitement pour le diabète sans l’accord d’un médecin, et consulter avant tout changement d’alimentation. Les institutions médicales vont plus loin et jugent le système risqué pour les diabétiques, en raison de la place du riz blanc, des dattes et du sucre. Une personne diabétique, prédiabétique ou sous traitement ne doit pas appliquer ce qui suit sans son médecin ; rien ici n’est un traitement.

Les légumes : la base de toute assiette favorable à la glycémie

Potiron, courges et pomme de saison : les légumes cuits de la palette

C’est le point sur lequel le système et la nutrition conventionnelle se rejoignent le plus, à une condition près : dans le système, tous les légumes se mangent cuits.

Les légumes admis par la palette se répartissent en trois groupes :

  • en zone verte, toujours cuits : la courge (vert, cuite), les champignons (vert, cuits) et le taro (vert, cuit) ;
  • en zone jaune : la courgette (jaune, toujours cuite), le légume le plus souvent cité par le système ;
  • en zone orange, avec leur condition : la carotte (orange, cuite uniquement), l’aubergine (orange, cuite uniquement), la tomate (orange, de préférence cuite, en sauce) et le gombo (orange, cuit en sauce tomate, sans ail).

Les fiches de la base rappellent que la nutrition conventionnelle les recommande tous : peu caloriques, riches en fibres, en potassium ou en bêta-carotène.

La différence tient à ce que le système écarte. Les verdures crues (rouge), la laitue (rouge), les épinards (rouge), le brocoli (rouge), le chou (rouge) et les poivrons (rouge) sont exclus par la méthode, qui leur prête un caractère inflammatoire ; la nutrition conventionnelle les compte au contraire parmi les aliments les plus favorables à une glycémie stable. Là où ils sortent, la palette propose la courge, l’aubergine ou le taro, cuits.

Les féculents : le vrai point de désaccord

Bol de riz blanc cuit : le féculent quotidien du système, discuté par les diabétologues

C’est ici que le système s’éloigne le plus des recommandations médicales. Ses deux féculents quotidiens « sans restriction » sont le riz blanc et la pomme de terre (vert). La fiche du riz note que la nutrition conventionnelle lui préfère le riz basmati ou le riz complet, à l’index glycémique plus favorable que le riz blanc rond ; or le système admet le basmati mais range le riz complet en zone rouge. De même, la pomme de terre est, pour la médecine, un féculent à portion mesurée et à cuisson sans friture.

Dans la palette, les féculents que la nutrition conventionnelle regarde le plus favorablement sont le frik (vert), blé vert grillé en grain entier, le boulgour (vert), à l’index glycémique modéré selon sa fiche, la patate douce (vert) pour ses fibres, et le toast au son (vert), seul pain admis, dont la fiche précise qu’il reste un produit transformé.

Ce que le système écarte est, pour la médecine, le cœur d’une alimentation favorable à la glycémie : l’avoine (rouge), le pain complet, absent des listes du système et donc écarté par sa règle de liste blanche, le quinoa (rouge) et surtout les légumineuses (rouge), lentilles, pois chiches, fèves et haricots secs, que la fiche décrit comme un pilier de la nutrition conventionnelle pour leurs protéines végétales, leurs fibres et leur faible index glycémique. Le système propose à leur place le riz, la pomme de terre ou le frik, dont la valeur nutritionnelle n’est pas la même ; c’est ce que les diététiciens lui reprochent.

Les protéines de qualité : un soutien à la satiété et à la stabilité

La nutrition conventionnelle associe une source de protéines à chaque repas pour la satiété et pour ralentir l’absorption des glucides. Le système, lui, ne mange pas de protéine animale tous les jours : sa règle « un jour oui, un jour non » alterne les jours avec et sans.

Les jours « oui », la palette admet le poisson de mer (vert, grillé de préférence, frit sans farine), la sardine fraîche (jaune, fraîche, les jours protéine), le pigeon (vert), la caille (vert) et le lapin (vert), ainsi que l’agneau (orange, deux repas par semaine, part partagée avec la chèvre et le chameau) et le bœuf (orange, un repas par semaine, part partagée avec le buffle). Les fiches rappellent que la médecine recommande le poisson deux fois par semaine et tient le lapin et le pigeon pour des viandes maigres sans restriction.

Les jours « non », les protéines viennent des fromages affinés comme le cheddar (vert), le kashkaval (vert) et le parmesan (vert), du tahiné (vert) et des fruits secs comme les amandes (jaune, avec mesure, nature) et les noix (jaune, avec mesure, nature). Le guide du site rappelle que ces jours atteignent plus difficilement le repère conventionnel de 0,8 g de protéines par kilo et par jour ; les diététiciens alertent sur ce point.

Trois exclusions du système pèsent particulièrement ici, car la nutrition conventionnelle en fait des protéines de référence :

  • les œufs (rouge), que la méthode écarte en jugeant le blanc difficile à digérer ; leur fiche précise que cette exclusion ne repose sur aucune donnée conventionnelle ;
  • le poulet (rouge), écarté au nom de l’élevage intensif, alors qu’il est pour la médecine une viande maigre de référence ;
  • le yaourt nature (rouge), exclu avec tous les laitages frais, alors que la médecine le recommande pour ses protéines, son calcium et ses ferments.

Les matières grasses

L’huile d’olive (vert), admise par le système surtout à froid, est la matière grasse la plus recommandée par la médecine ; les amandes, les noix et les pignons (vert) font aussi l’accord des deux lectures. En revanche, le beurre (vert) et le smen (vert) sont des piliers du système alors que la nutrition conventionnelle limite les graisses saturées, et l’avocat (rouge) est écarté par le système quand la médecine le recommande.

Les fruits : oui, mais entiers et avec discernement

Pommes et poires entières, à peler de préférence selon la base d’aliments

Les fruits de la palette que la nutrition conventionnelle regarde le plus favorablement pour la glycémie sont :

  • la fraise (vert), que sa fiche décrit comme peu sucrée ;
  • la pomme (vert, de préférence pelée) et la poire (vert, de préférence pelée), riches en fibres ;
  • l’abricot (vert), la pêche (vert, de préférence pelée) et les cerises (vert), fruits de saison.

Sur la peau, les deux lectures divergent : le système préfère les fruits pelés, la médecine rappelle que la peau de la pomme et de la poire porte une bonne part des fibres.

Le mot « entiers » marque une autre différence. La médecine préfère le fruit entier au jus, qui concentre les sucres et perd les fibres ; le système admet les jus de fruits (jaune) et préfère même la grenade (vert) ou la mangue (jaune) en jus filtré. Pour une personne qui surveille sa glycémie, le fruit entier reste la lecture la plus prudente.

Enfin, les dattes, pilier du système, sont pour la médecine un fruit très sucré qui « compte » pour un diabétique ; le système écarte de son côté l’orange (rouge), la pastèque (rouge) et le kiwi (rouge).

Les boissons : un facteur souvent sous-estimé

Thé à la menthe servi dans des verres traditionnels, sans sucre ajouté

Sur les boissons, les deux lectures se rejoignent largement. L’eau plate (vert) est la boisson de base du système, bue à la soif, de préférence tiède, entre les repas. Le thé vert (vert, sans lait), le café noir (vert, sans lait ni blanchisseur), les infusions (vert, sans lait) et le karkadé (vert) sont admis ; leurs fiches ne leur prêtent aucun effet sur la glycémie et rappellent que le karkadé ne se confond pas avec un traitement.

Les sodas (rouge), les jus industriels (rouge) et les boissons énergisantes (rouge) sont écartés par les deux. La différence porte sur le sucre ajouté : le thé à la menthe (vert) est admis sucré par le système, alors que sa fiche note que c’est justement la quantité de sucre habituelle qui mérite attention ; le jus de canne à sucre (vert) est admis par le système et rangé par la médecine avec les boissons sucrées.

Tableau récapitulatif

AlimentZone dans le systèmeRegard de la nutrition conventionnelle
Courge, courgette, champignons (cuits)vert / jaunerecommandés
Poisson de mer, sardine fraîchevert / jaunerecommandés, deux fois par semaine
Fraise, pomme, poirevertrecommandées, de préférence avec la peau
Eau, thé vert, café noirvertboissons de référence
Riz blanc, pomme de terrevert, piliers quotidiensindex glycémique élevé, portions à surveiller
Dattesvert, 1 à 6 par jourfruit très sucré, à compter en cas de diabète
Sucre blanc, mielvert, pilier quotidienà limiter fortement ; risque réel en cas de diabète
Légumineuses, avoine, œufs, yaourt, cruditésrouge, écartéspiliers d’une alimentation favorable à la glycémie

Questions fréquentes

Le Nidam al-Tayyibat aide-t-il à contrôler la glycémie ?

Rien ne permet de l’affirmer, et le système ne le revendique pas. Trois de ses piliers quotidiens, le riz blanc, les dattes et le sucre, sont les aliments que la médecine surveille le plus chez une personne diabétique. Les institutions médicales jugent le système risqué pour les diabétiques.

Quels aliments de la palette sont les plus favorables selon la médecine ?

Les légumes cuits (courge, courgette, champignons, aubergine, carotte), le poisson de mer et la sardine, les fromages affinés avec mesure, les amandes et les noix, l’huile d’olive, les fruits entiers peu sucrés comme la fraise, et l’eau ou le thé vert sans sucre. Tous sont en zone verte, jaune ou orange avec leur condition.

Pourquoi le système écarte-t-il les légumineuses et l’avoine ?

Il les range parmi les aliments qu’il juge inflammatoires ou relevant de la « nourriture du bétail », selon ses propres principes. La nutrition conventionnelle ne reconnaît pas ces principes et considère au contraire les légumineuses et l’avoine comme des aliments de référence pour la glycémie, pour leurs fibres et leur faible index glycémique.

Une personne diabétique peut-elle suivre le système en remplaçant le sucre ?

Cette décision ne se prend pas seule. Le programme du site indique pour sa recette de riz sucré que les personnes diabétiques remplacent le sucre par une datte hachée « après avis médical », mais le riz blanc et les dattes restent eux-mêmes des aliments à surveiller. Le médecin ou le diabétologue reste l’interlocuteur, et un traitement ne se modifie jamais sans lui.

Pour aller plus loin

L’article sur les cinq zones d’aliments du Nidam al-Tayyibat explique la logique des zones verte, jaune, orange, violette et rouge. Le menu diabétique sur 7 jours montre ce qu’une semaine du système contient et pourquoi elle ne convient pas telle quelle à une personne diabétique. La règle un jour oui, un jour non détaille la répartition des protéines, et l’article sur le ftour diabétique aborde le Ramadan. Chaque fiche de la base d’aliments donne la zone, la condition et la position de la nutrition conventionnelle.

Avertissement

Cet article décrit un système alimentaire à titre informatif. Il ne remplace pas un avis médical. En cas de maladie, de traitement en cours, de grossesse ou de diabète, parlez-en à votre médecin avant tout changement d’alimentation.